01.05.2008

EDITORIAL n°0

Vous, oui vous, avec votre gueule enfarinée et cet air impassible; 
Vous qui au petit matin vous levez du mauvais pied et vous cassez la gueule devant votre premier reflet;
Vous qui faites grand cas du peu de civilité qui soutient encore les actes sociaux essentiels;
Vous qui songez minute par minute au besoin de pallier les manques d'une vie citoyenne désorganisée;
Vous qui à l'adresse d'une nouvelle information catastrophique trouverez toujours à constater sans état d'âme "ouais, c'est bien dommage mais ça arrive et c'est pas moi le cul rivé sur mon canapé et le regard figé sur mon écran de télé qui pourrait y changer grand chose";
Vous qui aux premières lueurs saisissez votre téléphone ou lancez votre ordinateur pour vous tenir au courant des récentes évolutions du marché financier international;
Vous qui avez conservé dans un coin de votre garage un vieux minitel que vous comptiez ressortir un jour, nostalgique;
Vous qui savez faire la différence entre la différence et la différance; (petit concept derridien par pur snobisme NDLR)
Vous qui connaissez l'histoire avant qu'elle ne vous soit mal rabâchée par des incompétences individuelles et collectives médiatisées;
Vous qui n'éprouvez rien d'autre que de la peine pour ceux qui se laissent nourrir -socialement et culturellement- sans effort;
Vous qui tentez malgré la quasi-certitude de déception de maintenir un stade de relative confiance à l'égard des grands pouvoirs nationaux et internationaux;

Vous, qui derrière votre écran d'ordinateur avez posé l'oeil sur cette courte page, méritez comme moi de trouver meilleure passion pour la vérité factuelle et la profondeur d'analyse des événements qui font notre quotidien.
La France est victime du vice de la survie. Aucun régime, qu'il soit politique, économique ou social, et qu'il s'applique à un Etat et à ses citoyens ou entre les citoyens eux-mêmes, ne peut survivre sur une stabilité de fait et doit constament viser le progrès, à défaut de ne s'accorder la stagnation.
La réforme en son sens générique (loin de moi le moindre rapprochement avec le régime politique actuel, il s'agit bien là d'un terme plus détaché) est perpétuellement incontournable.

Le salarié est las de ne pas percevoir d'augmentation après avoir fourni sa force de travail légalement et honnêtement, comme le patron l'est de ne pouvoir investir en temps de crise et d'être obligé d'étudier des mesures drastiques pour assurer la survie de sa mission économique. Deux individus liés d'une amitié profonde ne peuvent s'entendre sans que leur relation ne gravite autour d'un partage permanent, de passions et d'activités, de discussions et de temps. L'individu lui-même dans son état le plus naturel ne peut se résigner à vivre en complète autarcie dès lors qu'il prend conscience de l'existence d'autres individus, il lui faut la sécurité, le nécessaire et l'agréable.

Je vois des adolescents qui défilent dans les rues au nom d'un idéalisme de gauche aujourd'hui dépassé  par l'explosion de toutes les barrières humaines. On critique aujourd'hui ce que l'on défendait hier. 

Je vois le racisme mal compris, car on prétend y voir la définition du "fait de reconnaître l'existence de variétés humaines", quand il s'agit véritablement de "hiérarchisation des hommes". Pourquoi vouloir nier par des concepts plus ou moins ambigus l'évidence même de l'existence des races?

Je vois le libre-échangisme scientifique se développer et marquer l'avènement d'une mondialisation destructrice. 

Je vois l'information quotidienne réciter des cours appris par coeur auprès d'entités directrices.  Je vois des groupes de presse mais je ne vois plus un seul journal.

Je vois une Humanité dont l'essence même réside dans le conflit, et je vois le conflit d'intérêt gravir les échellon depuis l'autorité jusqu'aux individualités.

Je vois l'individu se fondre dans la masse sociale, dénudé et faible.